Lundi 10 octobre 2005
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L'alcool au volant.....
Une fourmilière à dimension humaine, grouillante et transpirante, un camp de réfugiés kossovars ou rwandais, en plein centre ville. C'est donc à ça que ça ressemble la préfecture de Nîmes? Faut croire. Ils sont des centaines là, feuillets, attestations ou formulaires E111 à la main, agitant frénétiquement la paperasse pour s'éventer. C'est que le matin c'est fermé au public, la préfecture. Alors on se pointe tous en même temps à midi et demi, quand il fait chaud.
Moi on m'a retiré pour permis de conduire. Pour conduite en état d'ivresse, la belle affaire. 0,4 g dans l'air, ça fait 0,8 dans le sang m'avait expliqué l'officier: "C'est pas beaucoup, mais ça suffit". Un mois de suspension, 6 points en moins, voilà. C'était long et ennuyeux, ils vous amènent au poste, on attend pour souffler dans une machine plus précise que le banal ballon. On attend pour signer un papier, on attend qua la dame de l'accueil fasse les photocopies, on attend que quelqu’un vienne nous chercher. Et quand c'est fini, il est 7h du matin, et on a plus de permis. Ben, franchement, j'aurais préféré être bourrée, au moins ça aurait été du sérieux, j'aurais peut être eu droit à un "J'en ai une bonne, là" ou " ha, un record ". Mais rien, avec mes 0,4 g, je suis dans la moyenne, un mois de suspension, 6 point,s merci au revoir... C'est pas le grand banditisme.
Alors, il faut passer une visite médicale. Mais pas n'importe la quelle, une que c'est la préfecture qui te donne un dossier à faire signer par l'hôpital. Ben oui,croyez pas faire ça au laboratoire du coin!
Y'à deux files interminables pour les permis. Derrière son guichet-bocal, une femme sans âge, elle doit être là depuis toujours sans doute, distribue à tour de bras des formulaires de couleurs différentes. Mais, lentement. Ca peut paraître paradoxal, mais elle attrape un feuillet sur une pile, le fait glisser à la personne, jusqu'ici c'est rapide, et au moment où elle va lâcher la feuille: "vous avez votre attestation A 23"?, regard de stupeur du gars "non", "alors il faudra revenir demain", et voilà, c'est à partir de là que ça devient long.
Je m'étais campée bien droite sur mes deux jambes, pour pas mettre tout mon poids sur l’une, après j'ai mal au dos. Je pouvais sentir l'haleine aillée de la personne derrière moi. Et plus l'heure avançait, plus la file se comprimait, débordant inévitablement sur la l"igne de confidentialité". Ca pousse, ça trépigne, ça essaie d'avancer ,même si devant c'est toujours le même monsieur qui cherche sa pièce d'identité...Au bout d’une heure, cette ligne n'existait plus. La file non plus, c'était un paquet de chaires humaines écrabouillées contre l'hygiaphone. Il y avait tellement de monde que les corps compressés s’étaient agglutinés, formant ainsi un amas informe. La foule concentrée continuait d'augmenter de volume et de se presser contre l'hygiaphone, transformé pour le coup ,en hachoir, nous étions de la chair à saucisse administrative.
J'étais vraiment lessivée en sortant, mais j'avais mon formulaire. Il y avait le numéro de l'hôpital agréé pour ma prise de sang, ainsi que le prix de l'examen, 60 €. Par ailleurs, il fallait joindre 2 enveloppes timbrées dont une AR, 5€. Ajouté aux PV que j'avais pris cette nuit là parce que j'avais pas mes papiers, l'addition était de 65+22= 87€. Voilà, à ce prix là, j'aurais quand même pu être saoule.... Que dalle.
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