Mercredi 12 octobre 2005 3 12 /10 /Oct /2005 00:00
 
" Vivre c'est mentir. La vérité c'est la mort, et moi j'ai jamais réussi à me tuer"
Céline.
Pourquoi ne se raconte t-on pas de jolis mensonges au réveil? C'est vrai ça, si la nuit tout est possible est volupteux, alors dès que l'aurore se pointe, tout redevient réel et brutal.Je voudrai qu'on se mente un peu, moi. Pourquoi s'en tenir à un "on s'appelle" ou "tu sais c'était juste comme ça"? Ce ne sont pas des mots nocturnes, les mots que j'aime sont faux, mais ils sont beaux: tu es belle, on va n'importe où, veux-tu m'épouser? d'où vient se culte du réalisme, les gens ne prennent même plus la peine de se mentir, c'est sinistre.
Moi, j'aurais aimé te dire "je compterai chaque seconde jusqu'à ton appel, je m'enuie dèjà de toi" mais tu n'aurais pas compris, tu aurais eu peur... moi c'est la vérité qui m'effraie. J'ai toujours maudit le petit jour, le grand aussi d'ailleurs... ils ont une fâcheuse tendance à effacer les rêves, alors que c'est ce qu'il y a de plus beau. Parfois, je préfère mes rêves à vos réalités, si réelles, si vraies, si tristes, ça manque de panache... mais il est trop tard, le réveil a sonné, tu te lève sans un regard, sans une caresse, tu prépare sans doute la petite vérité toute moche que tu vas me sortir. Mais mes oreilles ne supportent pas ces paroles trop crues, c'est pourquoi pendant que tu sera dans la salle de bain, je prendrai mes jambes à mon coup et je filerai à l'anglaise, moi la vérité ça m'a toujours foutu la trouille.
Par Moira Byron - Publié dans : septembre
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Mercredi 12 octobre 2005 3 12 /10 /Oct /2005 00:00
C'est le trajet du retours qui nous sèche. On a pas mis la clim, plus assez d'essence, mais on avait le soleil en plein dans nos figures rougies par l'alcool, en plein dans notre oeil imbibé, dans la rétine dilatée, ça se voit même à travers  nos lunettes noires... quand on arrive au péage, elle fait une tête comme ça la dame: eh ben, c'est du propre! Elle le dit pas avec des mots, elle le dit avec sa tronche, la dame du péage, parce que oui, c'est vrai, ça se voit qu'on a pas fait que danser cette nuit. Mais ça nous fait rire de la voir comme ça encabannée dans sa guérite, ça manque d'air, nous on a remis la musique à fond, on a baissé les vitres et on s'est fumé un clope, ,ça brule la gorge, mais on s'en fout, on est plus à ça près. Je suis arrivée chez moi, il faisait vraiement déjà très chaud, tout mon copr à sec, des ongles aux cheveux, j'ai enfilé un vieux t-shirt, et en passant devant la glace, je ne m'y suis pas vu, je n'ai vu qu'un vieux chips en pyjama.
 
Par Moira Byron - Publié dans : septembre
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Lundi 10 octobre 2005 1 10 /10 /Oct /2005 00:00
L'alcool au volant.....
 
Une fourmilière à dimension humaine, grouillante et transpirante, un camp de réfugiés kossovars ou rwandais, en plein centre ville. C'est donc à ça que ça ressemble la préfecture de Nîmes? Faut croire. Ils sont des centaines là, feuillets, attestations ou formulaires E111 à la main, agitant frénétiquement la paperasse pour s'éventer. C'est que le matin c'est fermé au public, la préfecture. Alors on se pointe tous en même temps à midi et demi, quand il fait chaud.
 
Moi on m'a retiré pour permis de conduire. Pour conduite en état d'ivresse, la belle affaire. 0,4 g dans l'air, ça fait 0,8 dans le sang m'avait expliqué l'officier: "C'est pas beaucoup, mais ça suffit". Un mois de suspension, 6 points en moins, voilà. C'était long et ennuyeux, ils vous amènent au poste, on attend pour souffler dans une machine plus précise que le banal ballon. On attend pour signer un papier, on attend qua la dame de l'accueil fasse les photocopies, on attend que quelqu’un vienne nous chercher. Et quand c'est fini, il est 7h du matin, et on a plus de permis. Ben, franchement, j'aurais préféré être bourrée, au moins ça aurait été du sérieux, j'aurais peut être eu droit à un "J'en ai une bonne, là" ou " ha, un record ". Mais rien, avec mes 0,4 g, je suis dans la moyenne, un mois de suspension, 6 point,s merci au revoir... C'est pas le grand banditisme.
 
Alors, il faut passer une visite médicale. Mais pas n'importe la quelle, une que c'est la préfecture qui te donne un dossier à faire signer par l'hôpital. Ben oui,croyez pas faire ça au laboratoire du coin!
 
Y'à deux files interminables pour les permis. Derrière son guichet-bocal, une femme sans âge, elle doit être là depuis toujours sans doute, distribue à tour de bras des formulaires de couleurs différentes. Mais, lentement. Ca peut paraître paradoxal, mais elle attrape un feuillet sur une pile, le fait glisser à la personne, jusqu'ici c'est rapide, et au moment où elle va lâcher la feuille: "vous avez votre attestation A 23"?, regard de stupeur du gars "non", "alors il faudra revenir demain", et voilà, c'est à partir de là que ça devient long.
 
Je m'étais campée bien droite sur mes deux jambes, pour pas mettre tout mon poids sur l’une, après j'ai mal au dos. Je pouvais sentir l'haleine aillée de la personne derrière moi. Et plus l'heure avançait, plus la file se comprimait, débordant inévitablement sur la l"igne de confidentialité".  Ca pousse, ça trépigne, ça essaie d'avancer ,même si devant c'est toujours le même monsieur qui cherche sa pièce d'identité...Au bout d’une heure, cette ligne n'existait plus. La file non plus, c'était un paquet de chaires humaines écrabouillées contre l'hygiaphone. Il y avait tellement de monde que les corps compressés s’étaient agglutinés, formant ainsi un amas informe. La foule concentrée continuait d'augmenter de volume et de se presser contre l'hygiaphone, transformé pour le coup ,en hachoir, nous étions de la chair à saucisse administrative.
 
J'étais vraiment lessivée en sortant, mais j'avais mon formulaire. Il y avait le numéro de l'hôpital agréé pour ma prise de sang, ainsi que le prix de l'examen, 60 €. Par ailleurs, il fallait joindre 2 enveloppes timbrées dont une AR, 5€. Ajouté aux PV que j'avais pris cette nuit là parce que j'avais pas mes papiers, l'addition était de 65+22= 87€. Voilà, à ce prix là, j'aurais quand même pu être saoule.... Que dalle.
 
 
 

 

Par Moira Byron - Publié dans : septembre
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